11 novembre. Souvenons-nous.

« Pas de sommeil. J’ai toujours dans les oreilles la stridence des éclats d’obus coupant l’air, et dans les narines l’odeur âcre et suffocante des explosifs. Il n’est pas minuit que je reçois l’ordre de départ. J’émerge des bottes d’avoine et de seigle sous lesquelles je m’étais enfoui. Des barbes d’épis se sont glissées par nos cols et nos manches et nous piquent la peau, un peu partout. La nuit est si noire qu’on bute dans les sillons et dans les mottes de terre. [...]11 Novembre
 
[...] Nous marchons sur une route poudreuse, la gorge sèche, les pieds douloureux. Nous traversons Malancourt, déjà vu, puis Avocourt, et pénétrons dans la forêt de Hesse.
 
Des chevaux crevés au bord des fossés, grands yeux vitreux et pattes raides. Un cheval blanc qui agonise soulève lentement la tête et nous regarde passer. Un sergent le tue net, à bout portant, d’une balle en plein front : la tête retombe, pesante, et les flancs tressaillent d’un dernier soubresaut. »
[…] Un cri étouffé à ma gauche ; j’ai le temps de voir l’homme, renversé sur le dos, lancer deux fois ses jambes en avant ; une seconde, tout son corps se raidit ; puis une détente, et ce n’est plus qu’une chose inerte, de la chair morte que le soleil décomposera demain. »
 
Extraits de « Ceux de 14 », de Maurice Genevoix

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